Vous l’avez sans doute entendu à la radio ou à la télévision : la facturation électronique va se généraliser pour toutes les entreprises.
À partir de septembre 2026, elle impactera directement chaque agent commercial, qu’il exerce en société, entreprise individuelle ou en micro-entreprise.
Mais cette réforme n’est pas qu’une contrainte administrative supplémentaire. Elle va aussi jouer un rôle important dans la sécurisation de la transmission de vos factures et dans la modernisation de vos relations avec vos mandants.
On vous explique ce qui est prévu dans le cadre de cette réforme et, surtout, ce que cela change concrètement pour vous, agents commerciaux.
1. Faire la différence entre facture PDF et facture électronique
Oublions tout de suite l’envoi d’un simple PDF par email ou le scan d’une facture papier : au sens de la réforme, cela ne constitue pas une facture électronique conforme.
À terme, ces formats ne permettront plus de satisfaire aux nouvelles obligations légales de facturation entre professionnels et ne suffiront plus, à eux seuls, pour respecter le cadre réglementaire .
La réalité technique : des données structurées
Désormais, la facturation électronique repose sur des données dites “structurées”.
Concrètement, votre facture contient un code informatique (le plus souvent au format Factur-X) qui permet aux logiciels de vos mandants et à l’administration fiscale de lire automatiquement vos honoraires/vos commissions, vos frais et, le cas échéant, votre TVA.
Il n’y a plus de saisie manuelle : le flux est automatisé, de votre outil de facturation jusqu’à la comptabilité de votre mandant..
2. Pourquoi ce changement est une bonne nouvelle pour votre activité
Oui, la facturation électronique devient une obligation. Mais en contrepartie, elle permet de réduire plusieurs points de friction récurrents entre agents commerciaux et mandants.
La facturation électronique permettra de sécuriser vos délais de règlement.
L’horodatage officiel certifie la date de dépôt de votre facture. Fini les arguments du type « facture jamais reçue » ou « courrier égaré » utilisés pour repousser un paiement.
Les formats étant standardisés, les erreurs de traitement, de mentions incomplètes sont fortement réduites. Cela limite les échanges de mails interminables pour corriger une anomalie.
Vos factures et justificatifs sont centralisés et archivés numériquement pendant 10 ans, ce qui vous libère d’un archivage papier contraignant et réduit le stress en cas de contrôle.
Enfin, le suivi du statut de vos factures (reçue, validée, mise en paiement) vous donne une meilleure visibilité sur votre trésorerie et facilite les relances.
3. Le calendrier : deux étapes clés pour s’organiser
Le déploiement de la réforme est progressif afin de laisser aux entreprises le temps de s’adapter.
👉 À compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises, y compris les plus petites, auront l’obligation de recevoir des factures électroniques.
Cela concerne notamment vos propres fournisseurs (loyer, téléphone, abonnements logiciels, etc.).
👉 À partir du 1er septembre 2027, l’émission de factures électroniques devient obligatoire pour les PME, TPE et micro-entrepreneurs.
Chaque facture de commission adressée à vos mandants devra alors impérativement transiter par une plateforme agréée pour être juridiquement valable.
4. Concrètement, comment ça marche et quelle plateforme choisir ?
Avec la facturation électronique, le circuit de transmission change : vous ne pourrez plus envoyer vos factures directement par email.
Qui est concerné ?
Toutes les entreprises établies en France sont concernées par la réforme.
Cela inclut les sociétés, les entrepreneurs individuels et les micro-entrepreneurs.
La facturation électronique est également un outil permettant à l’État de suivre les seuils de chiffre d’affaires, notamment pour les régimes de franchise de TVA.
Le circuit d’une facture
Le processus devient triangulaire afin d’assurer la transmission sécurisée des données fiscales :
- L’émission : vous créez votre facture via une plateforme agréée.
- L’aiguillage : votre plateforme transmet la facture à celle de votre mandant et envoie simultanément les données requises à l’administration.
- La réception : votre mandant reçoit la facture dans son propre outil de manière sécurisée.
Comment choisir votre plateforme ?
Plusieurs solutions s’offrent à vous :
- Le Portail Public de Facturation (PPF) : service gratuit de l’État, adapté aux besoins de base.
- Les Plateformes de Dématérialisation Partenaires (PDP) : solutions privées payantes proposant des services avancés (tableaux de bord, relances, suivi de trésorerie, tenue de comptabilité, gestion etc ….).
- Les logiciels de facturation existants : certains éditeurs deviendront des solutions compatibles connectées à une plateforme agréée
- N’hésitez pas à contacter votre éditeur de logiciel ou votre expert-comptable pour faire le bon choix.
Des informations complémentaires sont disponibles sur le site du gouvernement.
Participez le vendredi 20 mars 2026 au Congrès annuel des Agents Commerciaux organisé par l’Alliance : conférence dédiée à la facturation électronique animée par le Cabinet AURATIO, Fabien GAUTHERON, Expert-Comptable.
5. Ce qui doit apparaître sur une facture électronique d’agent commercial
La facture électronique ne se limite pas à un document lisible. Elle contient des données structurées obligatoires, destinées à être traitées automatiquement par les plateformes et par l’administration fiscale.
Pour un agent commercial, on distingue deux niveaux d’information.
Les mentions obligatoires “classiques”
Ces mentions existent déjà aujourd’hui et restent indispensables :
- Votre identité (nom ou raison sociale)
- Votre numéro SIREN, le numéro de TVA intracommunautaire
- L’identité et le SIREN de votre mandant et son numéro de TVA intracommunautaire
- Le numéro et la date de la facture
- La description de la prestation (commissions, honoraires d’agent commercial, etc.)
- Le montant HT
- Le taux et le montant de TVA, ou la mention de franchise de TVA le cas échéant
- Les conditions et délais de paiement
Ces éléments constituent la base de votre facture.
Les données spécifiques à la facturation électronique
La réforme impose également des données qualifiées et codifiées, parfois invisibles sur la version PDF :
- La nature de l’opération : prestation de services
- Le type de facture : facture classique, avoir, acompte
- La date d’exigibilité de la TVA ou le régime applicable
- L’adresse de facturation du mandant
- Le mode de règlement prévu
Ces informations permettent le traitement automatique de la facture par les systèmes informatiques.
6. Les points de vigilance pour l’agent commercial
Au-delà des mentions classiques, certains cas nécessitent une attention particulière.
Franchise de TVA
Même en franchise de TVA, vous êtes pleinement concerné par la facturation électronique.
L’administration utilise ces flux pour vérifier le respect des plafonds de chiffre d’affaires. De plus, vos mandants auront besoin de recevoir vos factures via leurs plateformes pour automatiser leur propre comptabilité.
Commerce international
Lorsque vos mandants sont établis à l’étranger, la facture peut continuer à être envoyée par email.
En revanche, vous devez transmettre à l’administration un récapitulatif numérique (montant, date, devise) via votre plateforme : c’est le e-reporting.
Cette transmission est généralement automatisée et s’effectue périodiquement selon votre régime de TVA. Elle permet à l’État de suivre votre activité internationale sans imposer le système français à vos clients étrangers.
Soyez vigilant : une facture non conforme peut entraîner une amende de 15 € par facture, plafonnée à 15 000 € par an.
Facturation électronique : se faire accompagner
L’APAC suit pour vous les décrets d’application et les évolutions techniques qui impactent votre métier.
Consultez régulièrement notre page Actualités afin de rester informé des derniers ajustements.
D’autres informations complémentaires sont disponibles sur le site du gouvernement.